La Grande Guerre de René-Marie Castaing, peintre palois

Pendant toute la Première Guerre mondiale, René-Marie Castaing, jeune artiste-peintre engagé volontaire, consigne dans des carnets ses impressions de guerre. Il crayonne au fil des pages des dessins, réalistes, témoins de sa perception du conflit, des hommes, des paysages… Sur ces feuilles, il retranscrit sa vision de la guerre, dans le vif, manifestant ses humeurs, parfois naïves, parfois moroses, d’autres fois plus émerveillées. Comme tous ceux qui ont traversé le conflit, on sent au fil des pages poindre la lassitude, l’énervement, l’agacement, ou tantôt l’espoir de la fin du feu des armes, l’attente du retour. A ces carnets s’ajoutent surtout des lettres, régulières, adressées à ses proches, père, mère, frères et soeurs qu’il illustre là encore de son crayon et qui constituent l’essentiel des documents retranscrits dans cet ouvrage.

 

Un recueil de Lettres, carnets et dessins inédits datant de 1915 à 1919 qui retrace l’histoire de René-Marie Castaing, peintre Palois, lors de la Première Guerre Mondiale.

Les choix de documents et annotations ont été établis par Laurent Castaing.

Compte-rendu Exposition Joseph et René-Marie Castaing 17 Mars - 21 Mai 2018 par Brigitte Olivier, responsable du Musée Baron Martin (Gray)

Nés à Pau, Joseph (1860-1918) et René-Marie Castaing (1896-1943) sont des portraitistes, des paysagistes, des auteurs de scènes de genre et religieuses, des dessinateurs mais aussi d’étourdissants décorateurs. Ils révèlent des palettes originales et brillantes qui s’imposèrent rapidement par leur qualité comme par leur séduction et leur mystère, entre symbolisme et lyrisme.

Parti en Italie pour parfaire son talent, Joseph Castaing y rencontra Ernest Hébert et Henri Pinta qui l’incitèrent à se perfectionner à l’Ecole des Beaux-arts de Paris. témoin des aventures de la picturalité parisienne de la fin du 19ème siècle, il ne s’asservit pas à l’académisme et s’ouvrit à l’art de Carrière, de Fantin-Latour ou de Puvis de Chavanne. De retour à Pau, ville cosmopolite, il ouvrit un atelier très couru puis commença à former son fils René-Marie à la veille de la guerre. Ses portraits, tels « Lassitude », portrait de jeune femme assise ou « femme à la fontaine », exécutées dans une veine intimiste et un chromatisme infiniment délicat, au pastel comme à l’huile, lui ont assuré une grande renommée dans le sud-ouest de la France et au-delà.

La guerre de 14-18 et ses horreurs bouleverse l’Europe et contrarie le dessein attendu du jeune René-Marie, engagé volontaire qui décide, conjointement avec son père, de poursuivre sa « formation » au front. Cet apprentissage s’alimente aux appréciations et commentaires postaux de Joseph Castaing, évitant de cette manière la rupture des liens familiaux et professionnels. Premier prix de peinture de Rome en 1924, René- Marie fit le choix de rejouer son destin à Pau, rejoignant ainsi symboliquement la figure paternelle disparue en 1918. son art excelle dans les portraits vibrant d’émotion, épures d’intensité, et dans sa participation appuyée au renouveau de l’art religieux, témoignant d’un cheminement existentiel. Ses décors, tels  » Cendrillon » ou « La Belle au bois dormant » sont inoubliables. Les qualités de l’homme sont rendues possibles par celles du peintre. Plus d’une centaine d‘oeuvres sont présentées.

 

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Joseph Castaing (1860-1918) et René-Marie Castaing (1896-1943) les deux peintres et la Grande Guerre

René Castaing 1915 (18 ans) au 3ème dragon à Nantes

La notoriété de Joseph Castaing et de son fils aîné René-Marie en Béarn et au-delà leur a été acquise de leur vivant.

En effet, de nombreuses familles se sont partagé leur abondante production de portraits (plus de 200 pour Joseph, 400 pour René Marie). De même, divers édifices, plusieurs grandes villas paloises, plusieurs demeures ont été décorés par l’un ou l’autre, et mainte église de la région possède des fresques des Castaing. Ils ont l’un et l’autre réalisé des expositions dans leur atelier ou dans divers endroits à Pau. Et, bien sûr, les succès remportés aux Salons à Pau, mais surtout à Paris, au Salon des Artistes français et, enfin le Premier Grand Prix de Rome de René-Marie en 1924 sont bien connus.

En revanche, le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale nous donne l’occasion de découvrir ces peintres sous une nouvelle facette à travers des écrits inédits, les
« Mémoires de René Castaing Année 1914 » et l’abondante correspondance entre le père et le fils qui écrit successivement de Tarbes, de Nantes, de la Forêt de Parroy en Lorraine, de La Rochefoucauld et enfin de Macédoine sur le Front d’Orient et adresse plus de 150 dessins et aquarelles à son père.

Pour les deux artistes, 1918 est une année cruciale : d’abord, parce que Joseph Castaing s’éteint le 21 janvier et si René a pressenti la disparition de son père, il ne l’apprend que par une dépêche parvenue au front le 15 février. Compte tenu des délais de route, Il ne pourra venir se recueillir sur sa tombe que vers le 23 Mars à son arrivée en permission.

Ensuite, parce que, fin 1918, une autre épreuve, quoique moins personnelle, vient marquer le jeune René qui n’a pas 22 ans, la Bataille de Dobro Polje dans les montagnes de Macédoine à la frontière avec la Grèce.

Depuis la mort de René-Marie Castaing et la fin de la seconde Guerre, la mémoire des deux peintres a été entretenue, à l’occasion de plusieurs expositions :

Pour René-Marie : Pau et Bagnères de Bigorre 1944 ; Paris 1945 ; Société des Amis des Arts de Pau 1986 ; Paris Mairie du XVIème Arrondissement 2008

Pour Joseph : Pau 1960 centenaire de Joseph Castaing

Pour les deux artistes : Fondation Soulac-Médoc, 100 ans de portraits en Aquitaine, 1981 ; Nay 2011, Oloron 2011.

Le présent travail s’attache, quant à lui, à illustrer le compagnonnage artistique entre Joseph Castaing ( jusqu’à sa mort, début 1918 ) et René qui se trouve éloigné de l’atelier paternel par sa participation à la guerre.

 

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21 mois d'Orient sur les reins! René Marie Castaing au Front d'Orient

Choix de lettres et de dessins de guerre (270 pages)

 

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